On me pose souvent la question du surfaix.

Il faut déjà déterminer de quel type de surfaix on parle : surfaix pour la longe? pour les longues rênes? pour la voltige? pour de l'amazone? Et je ne parlerai pas du surfaix d'attelage (que l'on appelle sellette quand on s'y connaît), je m'y connais pas du tout du tout dans ce domaine donc à d'autres le soin d'en causer.

Pour les quatre autres, deux catégories : le surfaix pour la longe et pour les longues rênes, d'une part ; et les surfaix de voltige et d'amazone d'autre part. Pourquoi cette catégorisation? Parce que le surfaix de longe ou de longues rênes ne suppose pas de cavalier, alors que le surfaix de voltige ou d'amazone, si.

Parler d'adaptation est quand même justifié, en matière de surfaix, même si c'est mille fois moins complexe qu'une selle (a fortiori s'il n'y a pas de cavalier d'impliqué) - de toute façon on aura bien compris que quel que soit le matériel employé, il FAUT vérifier l'adaptation.

On utilise le même type de surfaix pour la longe ou les longues rênes.

surfaix

En longe, le surfaix sert à fixer des enrênements, en longues rênes, il sert à "porter" les longues rênes et éviter qu'elles ne traînent par terre ou s'emmêlent dans les membres du cheval - grosso modo, hein. On peut tout à fait utiliser un surfaix en longe sans enrênements pour habiter le poulain à la sensation d'une sangle, ou faire un montage particulier avec des longues rênes de sorte à ce qu'elles agissent comme un enrênement. Quand on en vient aux ficelles et aux différentes manières de les nouer, l'humain fait preuve d'une inventivité surprenante.

Le surfaix de longe ou de longues rênes doit répondre à 2 critères, en matière d'adaptation au cheval :
1/ sa longueur devra correspondre au périmètre thoracique du cheval. Bien évidemment, c'est important pour son ajustement. Trop long, il ne va pas rester en place, trop court, les boucles de sanglage vont gêner le recul de l'antérieur du cheval (c'est comme pour une sangle courte trop courte ;-) Son bon ajustement (un peu comme une sangle : ni trop lâche, ni trop serré, on doit pouvoir passer la main sans forcer) lui permet de rester à sa place sans bouger, sans comprimer la cage thoracique.
2/ il devra dégager les épines dorsales et le garrot, impérativement. Si l'on applique une pression sur ceux-ci, on prend le risque de gêner le cheval, et on met en sursis le travail dans le bon sens (risque que le cheval se mette à la retourne). Donc on choisit un surfaix avec des matelassures de part et d'autre du garrot suffisamment épaisses pour bien le dégager. L'épaisseur est à choisir en proportion de la hauteur de garrot : sur un tonneau à la colonne noyée ou sur un pur-sang au garrot "aileron de requin", on n'utilisera pas franchement le même matériel. Si on n'arrive pas à trouver un modèle suffisamment haut, on peut utiliser un truc comme le pad de surfaix Le Tixerant. Enfin bon, ça implique qu'on bosse suffisamment souvent avec un surfaix pour y mettre le prix, parce que ça coûte une blinde.

La largeur de la gouttière a moins d'importance que pour une selle, dans la mesure où le surfaix concerne moins de vertèbres que la selle, ça ne gênera pas pour l'incurvation du dos. Il faut juste qu'elle soit suffisante pour ne pas pincer ; le surfaix étant dépourvu de structure rigide, il s'adapte de lui-même à l'ouverture du dos.

La matière du surfaix est assez secondaire. Un beau surfaix en cuir, c'est chouette, mais ça coûte cher. Et ça demande de l'entretien. Le surfaix en néoprène et nylon, c'est le choix pratique par excellente, un coup de jet d'eau, un coup d'éponge et on n'en parle plus. Par contre, c'est moins joli, c'est sûr, mais bon, si on ne fait pas de spectacle et qu'on s'en sert occasionnellement... Autrefois on utilisait des surfaix en grosse toile, ça peut avoir un certain charme suranné, mais c'est quand même bien moins pratique d'utilisation. Attention, les sangles en toile ça peut avoir tendance à se plisser (sur les chevaux à gros bidon), c'est pas bien agréable. Plus que la matière, c'est à la qualité qu'il faut faire attention : solidité des coutures, des aciers, des finitions.

La disposition des anneaux est importante. Plus il y en a, plus on peut mettre des ficelles, youpi! Plus sérieusement, ça permet d'affiner les réglages en fonction de l'attitude que l'on cherche à obtenir. On règle ainsi l'équilibre du cheval en fonction de sa morpho, du groupe musculaire que l'on souhaite bosser, ou encore de son niveau de dressage et donc du degré de rassembler que l'on exige. Adrien suggère de remplacer les anneaux par des mousquetons d'escalade, ce qui peut être assez pratique, mais ça demande d'ôter les anneaux ; on peut toujours accrocher des mousquetons aux extrêmités des différentes ficelles dont on souhaite parer nos fidèles destriers.
Quand on prépare un cheval à l'attelage via les longues rênes, on peut aussi trouver un surfaix de travail avec des clés de sellette (comme sur une sellette d'attelage, quoi). Pour les néophytes, les clés de sellette, ce sont des anneaux fixes où passent les guides.

clé de sellette

La place du surfaix est importante. Comme pour la selle, on évite de le placer SUR le garrot. On vise le passage de sangle naturel du cheval (= le sternum) et on place le surfaix à l'aplomb.

SURFAIXBILL

Mon poney, son passage de sangle majesteux

Alors évidemment, y a les chevaux mal foutus qui vont poser problème : ceux qui ont des côtes méga ouvertes et un tout petit passage de sangle, par exemple, ou encore ceux qui n'ont pas de passage de sangle du tout et qui ont une cage thoracique complètement tubulaire (quel beau mot).
Ou encore, avec certains montages (par exemple la longe qui passe dans le mors et qui est fixée au surfaix, pour bosser l'incurvation), on peut être amené à rencontrer le cas du "surfaix qui ne tient pas en place heeeeeeelp".
Ca peut dans ce cas être intéressant, d'après Adrien (mon consultant ès surfaix), de placer le surfaix sur la selle, comme ça il est fixé par le creux du siège et stabilisé par la présence d'une surface rigide.

C'est vraiment important que le surfaix soit fixe, quand il interfère dans la relation main / bouche, sinon ça parasite le message et bye bye finesse.

karl

Philippe Karl et Odin aux longues rênes

En terme de pads et autres tapis : comme pour une selle, ça sert à protéger avant tout le surfaix de la sueur du cheval. Dans le cas d'un surfaix en synthétique, étant donné qu'on peut passer un coup d'éponge direct après utilisation, ça ne sert donc à rien d'en mettre. Si on utilise un surfaix en cuir en revanche, ça permet de prolonger la durée de vie, la sueur du cheval étant acide et rongeant le cuir.
Le traditionnel rond en mouton au garrot : je comprends pas à quoi ça sert. Ca remplit la gouttière et ça dégage rien du tout.

moutongarrot

WTF???

Mieux vaut utiliser des pads de surfaix prévus exprès pour. On en trouve des pas mal, avec des passages de sangle et tout (suffit de chercher sur Internet!). C'est bien plus pratique que les tapis de selle, surtout avec les longues rênes qui se coincent dans les coins et tout...

En ce qui concerne les surfaix de voltige et d'amazone, je ne suis pas du tout spécialiste, donc je vais me documenter un peu sur la question et je reviens plus tard :-)