... ou 10 canards qui te suivent partout?

Après avoir fait ma blague pourrie du jour (merci Pierre Palmade), et avant de passer la parole à Nico-la-malice pour qu'il nous parle donc des panneaux en mousse, donc, je voulais déjà vous dire MERCI. Merci d'être déjà plus de 1000 à avoir lu mon blog, merci d'avoir eu la patience de lire 4200 pages de ma prose parfois compliquée et souvent un peu poil-à-gratter. Enfin, merci de la part des chevaux, moi je m'en fous. Je me sens un peu prophète là, je crois que je vais me laisser pousser une barbe et m'acheter une toge, ça fera mieux. L'idée c'est juste que (sans avoir la prétention d'être parole d'Evangile hein), c'est juste que vous diffusiez l'adresse du blog autour de vous, par mail, dans votre écurie ou sur des forums, comme vous voulez, pour sensibiliser un max de cavaliers à quelque chose qui EST un problème et dont ils n'ont pas conscience parce qu'on ne leur en a pas forcément parlé, et que leurs chevaux ne leur disent pas forcément non plus (enfin souvent ils leur disent mais on ne les entend pas). Ahem.

OK OK j'arrête, c'est l'euphorie du week-end qui me rend comme ça, pardon. Nico, à toi (vous allez voir il est drôlement moins funky que moi).

Le panneau mousse: what, how, why

Comme c’est quand même la grande spécialité de nos selliers français, on va revenir un peu sur le panneau mousse.
Rappelons-le, le panneau, c’est l’espèce de gros boudin (classe) qui est tout en dessous de la selle et qui est directement en contact avec le dos du cheval. C’est l’un des éléments principaux de l’adaptation de la selle à nos chers poneys, avec l’arçon !

1.    Le Feutre

La base du panneau, c’est un bout de feutre qui fait de 5 à 10 mm. Il donne la conformation globale du panneau (longueur, largeur, forme …). Le feutre, qui va se retrouver côté arçon, a l’avantage d’être un matériau indéformable dans le temps et possédant de formidables propriétés absorbantes des chocs.

2.    Mamelles et renforts

Là est la partie qui nous intéresse dans notre « quête de la selle idéale » (c’est qu’elle est poétique notre fifik quand elle veut) (en fait cette formule est de Muriel, rendons donc à Muriel ce qui revient à Muriel). Parce que c’est là qu’on va faire un grand travail d’adaptation.
La mamelle, c’est un bout de mousse assez dense (la même qu’on met dans les taquets) qui vient se placer à l’avant du panneau. Elle peut prendre pleins de formes et d’épaisseurs différentes, en fonction du cheval et en particulier de la conformation de son garrot et de ses épaules :


Les renforts, c’est le même principe, mais à l’arrière, en fonction de la forme, du creux, de la musculature du reste du dos. Souvent, les renforts arrière visent à s’adapter à des dos creux ou faibles sur la partie arrière.
L’avantage de la mousse dense : ça ne bouge pas dans le temps et ça donne une certaine « rigidité » au panneau : ce sont elles qui vont « placer » la selle sur le dos du cheval. C’est grâce à elles qu’on peut faire des merveilles (tout comme du grand n’importe quoi) sur une selle à panneaux en mousse.
L’inconvénient : pour fabriquer ces choses en mousse dense, il faut… des moules préfabriqués. Si on veut rectifier, il faut ensuite user de la ponceuse, ce qui mène à beaucoup de main d’œuvre dans le cas de dos très particuliers.
On peut également rajouter à tout ça des renforts en plasticine, qui font soit une partie, soit l’ensemble du panneau. L’avantage : c’est une pate que l’on peut moduler et ensuite durcir comme on veut pour donner au panneau le posé souhaité.

3.    Et ce soir c'est soirée mousse !

La voilà enfin cette fameuse mousse. D’épaisseur allant de 10 à 30 mm en moyenne, c’est la partie la plus proche du dos du cheval. Elle possède des propriétés dynamiques et absorbantes qui en font un matériau intéressant à cet endroit-là : elle va pouvoir se déformer pour accompagner les mouvements du dos du cheval dans le travail et absorber une partie des nombreuses ondes de choc auxquelles il peut être soumis.
Cette mousse enveloppe toute la partie inférieure du panneau, et est poncée pour donner sa forme finale à l’ensemble.

4.    Le cuir

On enveloppe ensuite le tout de cuir (veau, taurillon ou buffle) (quand on a assez de sous pour avoir du cuir, évidemment), ça fait plus joli, et permet de protéger les mousses des frottements.

5.    Variations

Le panneau est l’objet de nombreuses recherches : les renforts et mamelles évoluent constamment pour améliorer le confort du cheval tout en lui laissant un maximum de liberté de mouvement. On travaille sur d’autres formes de panneaux (comme l’a soulignée fifik dans son premier article, on peut par exemple faire un panneau plus large en effectuant une couture centrale sur le cuir, ce qui donne plus de surface sur laquelle travailler. On fait également des panneaux intégrés, où le panneau est fusionné avec le faux quartier, ce qui améliore le contact cavalier/cheval tout en permettant de donner plus de structure au panneau et d’éviter certaines dépressions), on sur les matériaux : la mousse à mémoire qui, à chaud, épouse la forme du support sur laquelle elle est posée  (cf article de fifik qui explique très bien le principe).


Mais on est encore loin de la perfection, puisqu’un panneau mousse ne se modifie que très difficilement : il faut souvent refaire un panneau neuf (les différentes couches sont assemblée à l’aide de colle industrielle extrêmement efficace), ce qui veut dire que seul le sellier qui a fabriqué le panneau sait ce qu’il faut faire.