Avant de commencer, je voudrais dire ceci : special thanks to Kitt from the blog Saddle fitting, the inside journey who allowed me to use and translate some of her articles. Voilà, c'est dit. Vraiment vraiment, si vous lisez l'anglais - même si vous ne le lisez pas d'ailleurs - allez voir son blog, c'est super bien expliqué, très clair, très précis, avec plein de photos pour illustrer les différents thèmes et problématiques.

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Mon sujet du jour, ça va être l'arçon, cf le titre. L'arçon, c'est tout et rien à la fois. Tout parce qu'il est le squelette d'une selle, rien parce que désormais on sait s'en passer. Enfin, désormais - ça fait longtemps que les selles sans arçon existent, et elles feront l'objet d'un article à part, puisque j'ai fait pas mal de recherches sur le sujet.

Mais pour l'instant, tenons-nous en aux selles avec arçon, et à la pièce maîtresse : l'arçon lui-même. Pour appuyer mon sujet, je reprends certains éléments d'un reportage effectué par mon pote Nico, que je développe ensuite avec les éléments complémentaires que j'ai trouvés.

L’arçon doit être suffisamment rigide pour assurer la structure de la selle, suffisamment solide pour résister aux nombreux efforts qu’il va devoir supporter, suffisamment souple pour garantir le meilleur confort du cheval et du cavalier et assurer la technicité de la selle. Pour simplifier, il doit être plutôt rigide longitudinalement, et plutôt souple latéralement - rigide pour préserver la colonne vertébrale, souple pour suivre les mouvements des masses musculaires.

Sa forme va grandement déterminer les caractéristiques du futur siège : longueur, largeur, creusement, hauteur du pommeau. Elle va donc varier en fonction des besoins du cavalier, et du type de selle fabriqué. En jouant sur la largeur, la longueur, la forme, le creux, l’arcade de garrot, sans compter les possibilités de modifications ou de fabrications spéciales, il existe donc un très grand nombre d'arçons différents, adaptables à tous les chevaux. Voici 2 exemples générés sur le site de l'Arçonnerie.

Arçon CSO :
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Arçon dressage :
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Il existe deux grandes familles d’arçon :

1. les arçons en bois, traditionnels, de trois types différents :

•    L’arçon monobloc. C’est la méthode la plus ancienne. On utilisait autrefois du chêne, réputé pour sa solidité. Les pièces de l’arçon (arcades, bandes, troussequin) sont taillées d’un bloc dans le bois, assemblées puis renforcées d’acier. Les arçons monobloc sont très solides et surtout peu coûteux. Ils sont employés dans la fabrication de selles d’entrée de gamme. Leurs inconvénients sont d’être assez lourds et  très peu souples.

•    L’arçon en lamellé-collé. Ce sont les arçons haut de gamme. Des lamelles de bois souples et légères (généralement du hêtre) sont assemblées grâce à de la colle à bois spécifique et une très forte pression. On obtient ainsi une structure de lamelles enchevêtrées et superposées, plus souple, plus légère, et très solide. Comme le bambou, le lamellé collé plie, mais ne casse pas. Les zones supportant les plus fortes pressions doivent tout de même être renforcées par des bandes d’acier. Ces arçons ont un coût de production bien plus élevé que celui des monoblocs. Ils sont utilisés chez la plupart des selliers de qualité.

•    L’arçon composite est fabriqué de la même manière que l’arçon en lamellé-collé, mais à partir de bois composites. Du Ikéa, quoi.

2. les arçons en composés synthétiques et autres.

C'est assez vaste comme sujet, mais grosso modo, on recense surtout des arçons en résine (Elastiflex Tree chez Wintec, celui chez Thorowgood), en fibres composites (trouvé chez Prestige), en carbone (la selle 2G de CWD ou la Hermès Talaris - c'est du haut de gamme) ou encore en combinaison de carbone, kevlar, cuir et bois de bouleau chez Strada.

Arçon Wintec

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On voit que la recherche high tech est une grande composante des selleries "prestigieuses", tout le temps dans le but de réaliser un arçon qui puisse s'adapter à l'ouverture d'épaules (Prestige avec une matière que l'on chauffe puis déforme à loisir ou presque) ; mais très souvent les détails comme le profil de la colonne, la morphologie du garrot, la différence entre garrot et épaules, la longueur de la cage thoracique... ne sont pas pris en compte. On en est encore à la seule ouverture de l'arcade... C'est déjà bien, mais encore pas assez.

Strada - qui est une marque néo-zélandaise que je n'ai jamais essayée, mais dont on dit pas mal de bien - a sur son site une page très intelligemment faite sur les sujets d'arçon, dont voici le lien. Il existe un site européen où on trouve une traduction française, mais pas de la fameuse page qui nous intéresse. J'aimerais bien vous le traduire, mais je dois d'abord demander leur accord pour traduire le site et utiliser leurs images. Je vous encourage donc à aller visiter la page, même en anglais.

D'aucuns qui se reconnaîtront disent que c'est surtout en jouant sur les panneaux qu'on ajuste une selle, mais je ne crois pas. Les panneaux sont évidemment importants! Mais l'arçon, étant la structure rigide alors que les panneaux sont souples, est évidemment plus important ; si les panneaux ne vont pas, c'est facile de les changer. Si l'arçon ne va pas, c'est tout la selle qui est à refaire. Même si les panneaux vont bien, si l'arçon est beaucoup trop large, trop étroit, trop creux, trop droit, trop long... Eh bien la selle n'ira pas. On commence par faire un arçon adapté, puis on ajuste les panneaux en fonction. Pas le contraire.

Alors oui, un même arçon pourra aller à deux chevaux au dos similaires. Dans ce cas, ce seront les panneaux qui joueront sur l'adaptation, un peu plus de rembourrage par ci, une assymétrie à corriger par là.

J'ai sûrement oublié plein de choses, mais là comme ça je sais plus quoi. Je vais faire un tour et j'y reviendrai si d'autres choses me viennent à l'esprit!

Et les selles sans arçon alors? Dans un article à venir! =)